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PETIT NOTE TECHNIQUE SUR L’HELIOGRAVURE AU GRAIN OU HELIOGRAVURE TRADITIONNELLE


C’est le plus ancien des procédés de reproduction des images photographiques. Il a été inventé au 19ème siècle par NIEPCE et perfectionné par TALBOT, NIEPCE de SAINT-VICTOR, BALDUS et KLIC.

La reproduction par héliogravure au grain se déroule en deux temps : le transfert de l’empreinte du cliché photographique sur une plaque de cuivre (opération photochimique complexe ayant pour effet de graver en creux les détails du cliché) et l’impression de cette empreinte sur un papier à estampes par le moyen d’une presse taille-douce et d’encres spéciales.

Le nom du procédé – héliogravure au grain – vient de ce que la plaque de cuivre subit au préalable une préparation particulière consistant à la couvrir de grains microscopiques de résine, lesquels sont ensuite chauffés, réduits en fines gouttelettes et fixés sur place. La présence de ces grains, en grand nombre, sur la plaque explique en particulier le fait qu’une héliogravure au grain observée à la loupe ne présente aucune trame, contrairement aux procédés typo, off set et héliogravure industrielle.

L’héliogravure au grain s’apparente à la famille traditionnelle des gravures et estampes. Comme l’estampe, l’héliogravure au grain demande un papier épais et de qualité, pouvant aller chercher l’encre dans les moindres morsures du cuivre. Comme l’estampe, l’héliogravure présente sur ses bords une cuvette, c’est à dire un léger enfoncement du papier laissé par la plaque de cuivre. Enfin, comme l’estampe, l’héliogravure au grain apporte une qualité d’image incomparable dans le rendu des noirs et de toutes les nuances de gris, même les plus subtils. Ajoutons que chaque héliogravure au grain, même tirée à partir d’une même plaque, diffère généralement quelque peu des autres : l’apport manuel de l’encre et le tirage à la main ne peuvent garantir une identité parfaite. C’est l’une des raisons pour lesquelles toute héliogravure au grain, a comme toute estampe valeur d’original.


Photo of Fanny Boucher
Fanny BOUCHER (ci-dessus, avec Willy RONIS) a réalisé la gravure des plaques de cuivre d'après les photos choisies. Dans ce travail, qui consiste à graver sur le cuivre l'image de la photo sans perd re le moindre détail, la sensibilité du graveur et son sens artistique interviennent autant que sa technicité.


Patrick DEGOUY (ci-dessous, avec Willy RONIS) a imprimé les plaques sur sa presse à bras, encrant spécialement chaque plaque, pour chaque hélio, se conformant au bon à tirer signé par Willy RONIS. Pour les dix exemplaires de tête, Patrick Degouy a remis à jour la technique en grande partie oubliée de l’impression sur papier Japon encollé.

Photo of Patrick Degouy
ETAT ACTUEL DE L’HELIOGRAVURE AU GRAIN


Il faut d’abord insister sur le fait que le procédé de l’héliogravure au grain ne doit pas être confondu avec celui de l’héliogravure industrielle, largement utilisé aujourd’hui, en particulier dans le domaine de l’impression publicitaire et des revues à grand tirage. Certes l’héliogravure industrielle, dont l’objectif est de produire des images en grand nombre et à grande vitesse, utilise lui aussi le procédé de la gravure des clichés sur des plaques de métal, mais il s’agit d’empreintes réalisées sur des cylindres portant des trames. Animés par des rotatives puissantes, ces cylindres vont certes produire un résultat rapide et peu coûteux proportionnellement à la quantité d’images produites, mais dont la qualité ne peut pas se comparer à celle de l’héliogravure au grain.

Mais bien que les spécialistes s’accordent tous à trouver inimitable la gravure au grain celle-ci est quasiment tombée dans l’oubli, sauf dans le cas d’expérience ponctuelles et limitées : elle est considérée aujourd’hui comme trop coûteuse et trop lente dans sa mise en œuvre.
Il en résulte que les spécialistes en ce domaine: photographes, artisans, éditeurs sont devenus très rares à travers le monde. Tout porte à croire qu’ils ne se comptent pas sur les doigts des deux mains.

Quant à la dernière œuvre majeure réalisée en héliogravure au grain, on la doit au grand photographe américain Paul STRAND (1890-1976) avec son magnifique ouvrage, très recherché des bibliophiles, des collectionneurs et des musées : MEXICAN PORTE-FOLIO publié en 1932.

Notre ouvrage, Willy Ronis – Héliogravures, a l’ambition de s’inscrire dans la lignée de l’ouvrage de Paul STRAND.

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Francis MERAT (ici à droit), spécialisé dans l’impression de livres d’artistes, a imprimé les pages de texte de l’ouvrage en français et en américain (recto-verso). Il a eu recours, lui aussi, aux techniques traditionnelles.

Photo of Francis Merat
©2004 Dhouailly & Cie